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VOYAGE EN NORVEGE - JUILLET 2018

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NORWAY jour 1 : Voyage aller

Départ 11h de l’appartement. RER A, B direct, auto-enregistrement des bagages (oui maintenant les passagers font eux-mêmes le travail), passage rapide à la sécurité et nous voilà en salle d’embarquement avec une heure d’avance. Embarquement à l’heure dans notre bel A320 JOON et décollage en 09R avec 1/2h de retard : le ciel européen est encombré en ce début de vacances d’été. En vol, JOON propose une appli connectée au WiFi de bord permettant de visualiser le parcours de l’avion et de disposer de quelques divertissements sur sa tablette. Très beau vol: la côte des Pays-Bas, puis du Danemark sont magnifiques. L’occasion d’admirer des champs d’éoliennes de haute mer (plus de 150 éoliennes sur un parc ... la France va seulement lancer son premier parc ...). Je pense voir aussi apercevoir des blocs de glaces à la dérive au large du Danemark. L’arrivée sur la côte découpée de la Norvège est très belle et le relief est déjà plus prononcé. On passe à l’Ouest d’Oslo pour rejoindre l’aéroport qui est à 50km plus au Nord. Après un sérieux virage à droite au dessus des collines et des lacs, l’A320 se pose face au Sud.

Débarquement dans un aéroport calme, propre, accueillant ... forcément, après Roissy ... On achète nos tickets pour le FLYTOGET, le train qui nous emmènera très rapidement au centre d’Oslo. Non, je ne comparerai pas la vitesse, la modernité, le confort, le silence, la propreté du FLYTOGET avec le RER B ...

Arrivée ensuite au Park Inn, notre hôtel en plein centre d’Oslo. La chambre n’est pas immense, mais très moderne, bien équipée, et parfaitement propre. Il est 17h30 mais on a faim et les norvégiens mangent tôt. On descend vers le port où je sais que nous trouverons plein de restaurants. Bonne ambiance, il y a du soleil ... et un peu de vent. On dîne dans une bonne pizzeria, Olivia, en terrasse. Sans surprise, c’est un peu cher ... je pense que ce sera le leitmotiv du voyage !

Après ce rapide dîner, nous nous promenons dans Oslo. D’abord un tour sur les pontons du port de plaisance en plein cœur d’Oslo avec une vue sur le musée d’art moderne à l’architecture intéressante. Puis le célèbre Opéra, et son toit terrasse tout en pentes. Très agréable et très beau comme ça en fin de journée. Des gamins torse nu plongent même dans la baie depuis un côté de l’opéra. Puis retour vers le centre en passant par la gare, des rues piétonnes, et enfin l’avenue qui nous mènera au Palais Royal. Une petite glace dans un parc dans la douceur de la soirée en écoutant une chanteuse de rue. L’esplanade devant le Palais Royal est très calme, et seuls deux gardes montent ... la garde et claquent des talons de temps en temps. Nous commençons à fatiguer un peu de la journée : retour à l’hôtel, non sans un petit détour par l’hôtel de ville décidément intéressant par son architecture 😀

Demain, journée à Oslo: visite de l’Opéra, tour en bateau, un musée ..

NORWAY jour 2 : Oslo

Pour commencer, super petit-déjeuner avec de sympathiques Trolls dessinés sur les murs, des produits de qualité, des gaufres à cuire soi même et du poisson fumé. Largement de quoi tenir jusqu’à l’après-midi. Et dire que d’habitude je déjeune avec un simple yaourt !

Première destination, l’Opéra d’Oslo pour une visite guidée de cet étonnant bâtiment. Notre guide, ancienne danseuse de ballet, nous fait découvrir la symbolique du bâtiment, en particulier le parcours du spectateur vers le centre de l’arbre en jouant sur la couleur du bois de plus en plus foncée. La salle elle-même, pas immense, est très chaleureuse. Mais le plus bluffant est sans doute l’immensité de la scène dans toutes les dimensions, la richesse des équipements et les décors gigantesques en cours de finition pour le prochain opéra, La Dame de Pique. Photos interdites : décors et costumes sont encore secrets. Et justement nous visitons ensuite les ateliers où les costumes sont fabriqués: je ne suis pas un fan de couture, mais quelle émotion de voir la richesse et la qualité de ce travail artisanal (40 personnes y travaillent en temps normal).

Le quartier nouveau autour de l’opéra est aussi intéressant par la modernité et l’architecture du quartier d’affaire, le futur musée Munch et quelques immeubles d’habitation le long d’une promenade au bord de l’eau. Au bout, une plage de bois permet de prendre le soleil et de se baigner ... quand il fait beau. Mais là, il fait frais et il pleut même ! Je ne me baignerai pas dans le fjord d’Oslo !

De l’autre côté du port, nous visitons le Astrup Fearnley Museum of Modern Art. Ce n’est pas la Fondation Louis Vuitton, mais j’ai beaucoup aimé la créativité des œuvres qu’on y trouve. Souvent drôles, parfois choquantes ou engagées, et le sexe qui n’est jamais loin. Un bon moment !

Flânerie dans le quartier moderne, au milieu des canaux. J’adorerais y habiter, mais les prix affichés dans la vitrine des agences immobilières dépassent les prix parisiens ! Alors pour 120m2 avec terrasse et vue sur le fjord, il faudra repasser !

Petites sieste (après une délicieuse brioche à la cannelle et à la cardamome) avant de repartir cette fois vers le Vigeland Park. Après avoir traversé de luxueuses avenues résidentielles, cet immense parc réserve une véritable surprise avec un extraordinaire alignement de sculpture de bronze, de part et d’autre d’un pont dans un style art-déco et par ailleurs très émouvant dans le réalisme des corps et leurs relations filiales le plus souvent. Plus loin une fontaine monumentale et une colonne de granite qui représente encore des corps enchevêtrés. J’ai vraiment adoré le travail de ce sculpteur norvégien, Vigeland.

Et pour finir la journée en beauté, petite croisière touristique de trois heures sur le fjord d’Oslo, ce qui permet de profiter de le ville vue de la mer, mais aussi de découvrir l’archipel environnant, ces îles avec leurs maisons de bois au bord de l’eau et leur mouillage, où ces quartiers lointains d’Oslo accessibles en navettes maritimes: il y a pire comme transports en commun ... sauf peut être en plein hiver un jour de tempête ! Et pendant que nous mangeons des crevettes avec un verre de vin blanc sur le pont, les mouettes suivent le bateau avec obstination, espérant bien profiter un peu du repas.

Retour au port, une petite glace devant une belle lumière du soir. Une chorale d’enfants habillés de noir et de rouge passe en chantant de leurs voix pures, un arc-en-ciel apparaît sur un ciel rose ...

Demain, nous prenons la route pour Bergen.

NORWAY jour 3 : Oslo - Bergen

Il est minuit à Bergen quand j’écris ces quelques lignes ... et il fait encore clair dehors, pas le plein soleil bien sûr, mais clair quand même.

Journée consacrée au voyage d’Oslo à Bergen. D’abord le Flytoget du centre d’Oslo jusqu’à l’aéroport à 50 km de là en 20´ avec des pointes à plus de 200 km/h ... (ce matin, panne électrique Gare du Nord à Paris, RER B perturbé ...)

Perception de la voiture de location : on me propose une Mercedes Classe A ou un GLC (SUV). Pierre me dit « ne prends pas un gros truc » (personnellement, je n’ai rien contre les gros trucs ...), ce sera donc la Classe A ... Dommage, la valise de Pierre remplit à elle seule le petit coffre, la mienne finit sur la banquette ! Bon, on ne se plaint pas, pour deux, la voiture est plaisante une fois assimilés le frein à main, la boîte de vitesse automatique au volant et le régulateur de vitesse compliqué ... pourtant vital en Norvège !

En effet, la Norvège n’a pas Edouard Philippe, mais elle a déjà depuis longtemps une limitation généralisée et très surveillée à 80 km/h, voire souvent 70, voire 60 ou 50 ... Et vu la configuration du relief, des lacs et des fjords, 100% du trajet de 500 km se fera par la route à la vitesse moyenne de 65 km/h. 10h - 19h avec quelques petites pauses. A cette vitesse là, le moteur essence n’a pas dépassé 5.2 l/100 !

Mais l’essentiel n’est pas là évidemment: il est juste dans la beauté des paysages traversés, parfois très sauvages, mais le plus souvent peuplés de tout petits villages ou de maisons isolées. Les bourgades un peu plus importantes font penser à de petites villes Nord américaines avec leur larges rues résidentielles, leurs maisons en bardage bois, leurs « pavements » et leurs jardins sans clôtures.

Mais on ne voit pas toujours le paysages ... quand les tunnels s’enchaînent avec quelques cas extrêmes où un tunnel de 10 km fait suite à un autre de 24 km. Et les norvégiens continuent de creuser: le GPS de la voiture neuve ne les connaît pas tous ce qui affole la dame du GPS 🙂 ! Normal aussi pour une route qui relie les deux plus grandes villes du pays. Tunnels assez simples souvent, sans voussoirs, sans séparation centrale, à double sens, sans tunnels de secours, parfois avec des pentes très prononcées.

L’arrivée à Bergen est un peu mitigée et l’hôtel n’est pas en centre ville. Hôtel au demeurant psychédélique. Correct mais pas du tout typique. Pire, en repartant, un groupe de chinois nous bloque quasiment le passage à la sortie de l’ascenseur sans aucune gêne ni velléités de s’écarter. On craint le pire pour le petit déjeuner !

Soirée dans le centre autour du Vieux Port, pardon, on n’est pas à Marseille. Autour du port, donc, avec les vieilles maisons en bois le long du quai qui sont la fierté de la ville. L’endroit est très (trop) touristique. On visitera mieux demain mais on cherche surtout à dîner. On joue la sécurité et on termine donc dans la même chaîne de pizzeria, Olivia, qu’à Oslo. On fera mieux demain. Tiens, la France est en finale !

Ballade vers le port où sont amarrés de gigantesques navires câbliers: on imagine parfaitement un reportage sur RMC Découverte sur ce type de bateaux. On se demande aussi si ce sont les câbles Nexans de Christophe qu’ils déposent au fond des océans ?

Retour à notre « Magic Hôtel » via le tram.

Il est presqu’une heure maintenant : on dirait que cette fois il fait noir dehors.

NORWAY jour 4 : Randonnée et panne de chaussure

Une journée complète de voiture hier appelait quelque effort aujourd’hui. Après un petit déjeuner fort copieux et sans groupe de chinois, direction le funiculaire de Bergen. Beaucoup de monde ... mais un achat de billets en ligne (merci la 4G partout en Europe) nous permettra de zapper la queue même si le « Wallet » de l’iPhone nous a compliqué la tâche au passage du tourniquet.

Très belle montée qui permet de découvrir progressivement la ville et le port vus d’en haut. On a déjà un très beau panorama depuis la station haute du funiculaire, mais décidément trop de monde pour nous.

Nous trouvons une carte de randonnée ... pas très compréhensible, et comme nous sommes montés pour marcher, nous suivons le panneau « ULRIKEN 14 km ». Il fait beau, nous sommes équipés de chaussures de marche, de sac à dos, de crème solaire, de bobs et d’eau. Alors 14 km, c’est juste une grosse promenade.

Et ça commence d’ailleurs par un large chemin carrossable dans la forêt, certes en montée, qui nous emmène assez rapidement à un bar d’altitude où, par précaution nous achetons deux petites bouteilles d’eau gazeuse supplémentaires. Au passage, il faut noter qu’on peut tout payer en carte, y compris en sans contact et au milieu de la nature, même pour des petits montants. Ok, petit montant et Norvège, c’est un oxymore.

Nous arrivons au pied d’une première grande antenne radio en forme de Tour Eiffel et nous voyons au loin notre destination: un pylône de télécommunications au pied duquel se trouve le téléphérique qui nous permettra de redescendre à Bergen. Un léger doute s’installe par rapport à la distance. Ce pylône nous paraît vraiment loin et le chemin devient ... un chemin, de terre mais souvent de cailloux et de pierres, beaucoup moins confortable ... et en plus ça descend et sa monte. Une vrai rando, quoi !

Globalement, le principe est de suivre une crête et d’aller de cairn en cairn, ceux-ci balisant le sentier. Ce parcours permet de découvrir une succession de panoramas exceptionnels, sous un beau soleil, ce qui n’est pas gagné d’avance ici. On y découvre en particulier ce paysage d’archipel si typique à la Norvège (et à la Suède). Il n’y a pas une côte délimitée mais une succession de montagnes, d’îlots, de bras de mer qui s’insinuent partout dans ce paysage.

Retour à la dure réalité de la marche: notre cible ne semble pas vouloir se rapprocher. Pire, la succession de cairns au loin semble faire des détours ... quand tout d’un coup ... l’avant de la semelle droite de ma chaussure de marche Décathlon décide de prendre de la distance avec le reste de la chaussure. Impossible de marcher dans ces conditions. Je bricole un cerclage avec un sachet plastique pour tenir la semelle. Élégance garantie. Néanmoins la question se pose: retour sur nos pas (7 km) ou aller jusqu’au bout (7 km) ? Je dis : il y a dilemme ... et dilemme, c’est beaucoup ... Finalement on décide de continuer. Un kilomètre plus loin, l’arrière de la semelle suit l’avant dans ses velléités d’indépendance (et la semelle gauche menace aussi sécession...). Heureusement, sous la semelle une autre couche d’élastomère me permet de marcher presque normalement. Le plus étonnant dans cette histoire c’est que c’est la troisième fois que cela m’arrive en randonnée, dont deux fois avec des chaussures Décathlon: je dis ça, je dis rien !

Nous fatiguons sérieusement sur les derniers kilomètres, et sur les dernières centaines de mètres. C’est avec un immense plaisir et les jambes lourdes que nous arrivons enfin à la station de téléphérique et la simple bouteille d’eau gazeuse que nous prenons en terrasse nous paraît meilleure qu’un Château Yquem 2007 (d’un autre côté, je ne peux pas comparer ...)

Nous redescendons par le téléphérique, mais une fois en bas, nous nous traînons encore sur 2 km pour arriver fourbus, poussiéreux et odorants à l’hôtel. Douche rafraîchissante, déodorant, micro-sieste et dans un dernier effort, nous repartons dans le centre pour dîner.

J’ai repéré un Egon Restaurant sur le port: c’est une chaîne connue en Norvège qui permet manger ce qu’on veut pour un prix décent dans un cadre assez convivial. Ce soir, ce sera donc morue sauvage des Lofoten, forcément, après une soupe crémeuse de poisson, avec un rosé trop sucré et que nous devrons rafraîchir à grandes doses de glaçons.

Balade sur le port en suçotant une glace et retour par le tram (où Pierre a dû discuter avec les contrôleurs ... mais chut !)

Demain, repos et shopping à Bergen ... pour trouver de nouvelles paires de chaussures de randonnée : nous aurons encore de belles balades à faire à Fjarland ou Geiranger.

NORWAY jour 5 : visite de Bergen

Seulement 17 km à pied aujourd’hui pour visiter Bergen: une journée de repos, quoi ! (23 km au total hier).

Si Bergen m’avait fait une impression mitigée en arrivant, c’est en parcourant la ville et ses différents quartiers que nous découvrons finalement une ville agréable qui donnerait envie d’y habiter, en tous cas sous le soleil comme aujourd’hui. Un quartier d’immeubles modernes au bord d’un port de plaisance, un quartier de petites maisons anciennes dans des ruelles pavées en pente, des quartiers de petits immeubles aux couleurs pastel dans des rues très tranquilles, un joli parc arboré en pointe face à la mer pour regarder passer les navires, des rues bourgeoises où les maisons de couleurs font penser à San-Francisco ... et la mer qui n’est jamais loin.

Un peu de shopping aussi, il faut bien me trouver de nouvelles chaussures de marche ... pas trop chères. Finalement je trouve rapidement: j’espère que ces nouvelles ne me lâcheront pas de sitôt !

Et comme nous sommes des gens bizarres, nous utilisons notre pass de transport pour prendre le tram jusqu’à l’aéroport que nous avions vu de loin hier en randonnée. Les 3/4 d’heure de tram sont aussi l’occasion de voir les environs. La toute nouvelle aérogare de Bergen est vraiment très belle, avec de grandes hauteurs libres depuis la station de tram au sous-sol jusqu’à l’étage des départs. Par contre, comme souvent, aucune vue directe sur les pistes, et c’est depuis un talus bordant un parking que nous regardons quelques avions arriver.

Retour en centre ville pour le dîner, de nouveau chez Egon restaurant. Bien mais Pierre n’aura pas sa salade ... Et de nouveau promenade dans un autre vieux quartier, puis sur un quai où quelque locaux pêchent à la ligne face au soleil couchant. A ce propos, les boussoles de nos iPhone et Huawei nous donnent de curieuses indications pour la direction du couchant : NE, ce n’est pas normal, même sous la latitude de Bergen. Un peu plus loin, nous avons droit à N, puis NW et enfin W : ouf, la Terre n’a pas basculé pendant notre voyage. Mais nous n’avons pas compris le problème ...

Retour à pied à l’hôtel par le port de plaisance. Nous regardons 10´une grande passerelle se lever pour donner passage à un voilier, et en arrivant à l’hôtel, nous allons prendre un nouveau ticket de parking jusqu’à demain, le précédent expirant à 22h. Il est 22h15 et un papillon jaune orne déjà le pare-brise de la Classe A avec 600 NOK d’amende établie à 22h07 !!! ... Grrrr. S’agissant d’un parking privé, la réceptionniste de l’hôtel a envoyé une réclamation au gestionnaire du parking: à suivre.

Nous avons néanmoins passé encore une très belle journée, au soleil, dans cette ville où, finalement, il doit faire bon vivre.

Demain, en route vers la Norvège profonde, pour un petit village, Fjärland, au bord d’un fjord où nous devrions passer deux jours très nature.

NORWAY jour 6 : Arrivée à Fjaerland

Départ sans encombre de Bergen pour une route de 240 km et 4h30, qui nous emmènera au cœur des fjords norvégiens. Le temps est couvert et l’eau noire parfaitement lisse du premier lac que nous longeons reflète la forêt comme un miroir.

Traditionnel en Norvège, la route s’arrête au bord d’un fjord et le GPS vous demande d’embarquer sur le bateau. Le ferry est ici réellement la continuité normale de la route et il est toujours très agréable de faire ces petites croisières d’un quart d’heure en regardant la mer et les montagnes.

La route s’engage ensuite dans de profondes vallées sauvages et nous passons d’une vallée à l’autre en traversant littéralement les montagnes par les nombreux tunnels de plusieurs kilomètres. Le soleil fait son apparition ce qui rend le paysage encore plus beau. Peu avant l’arrivée, nous longeons un immense lac dans lequel plongent abruptement des montagnes massives et majestueuses, avant de nous enfoncer dans un long tunnel en descente qui nous ramènera au niveau de la mer et du fjord. A la sortie, derrière nous apparaît un impressionnant glacier. Et nous arrivons enfin sous le soleil dans un village isolé, Fjaerland, dans un endroit unique par sa beauté sauvage.

L’hôtel lui même est charmant, comme une grande maison blanche en bois avec sa terrasse au soleil au bord de l’eau. La chambre est petite en haut d’un escalier étroit, mais l’ambiance est chaleureuse et confortable, tout à fait nordique.

Promenade dans le village, pas très grand, avec son grand hôtel en bois, désaffecté, ses innombrable bouquinistes (Fjaerland est réputé pour cela ... mais les livres en norvégien ne nous intéressent pas beaucoup), son ancien ponton pour les ferry et son ancien péage routier qui a servi à financer la route ... ouverte en 1984 seulement ! (Avant, l’endroit n’était accessible que par bateau).

A 19h, le patron de l’hôtel rassemble ses hôtes dans le salon pour leur expliquer l’histoire du lieu et à 19h30, la porte de la salle à manger s’ouvre : chaque table est déjà préparée avec le numéro de la chambre. La carte est unique et les plats réalisés essentiellement avec des produits locaux. Au dessert, Pierre est en extase avec le sorbet à la cardamome qui accompagne une tarte au pomme recouverte d’une étonnante mousse au cidre.

Lecture tranquille dans le salon. Pierre est fatigué et monte se coucher. J’écris mon récit de la journée dans le salon, puis sur la terrasse avec le cri énervé des mouettes, toujours surprenant au milieu des montagnes. Et cette lueur du jour qui ne veut pas finir alors qu’il est presque minuit.

Demain, on remet les chaussures et on essaye de s’approcher des glaciers !

NORWAY jour 7 : ça grimpe !

Lever tranquille après une bonne nuit dans un lit hyper moelleux (meilleur que celui de la princesse au petit pois). Excellent petit déjeuner: le saumon fumé n’a rien à voir avec ce que l’on trouve chez nous ... Puis nous demandons au propriétaire de l’hôtel quelques renseignements pour une randonnée. Il y a des nuages : la promenade près des glaciers n’est pas recommandée. Il nous oriente vers une randonnée plus tranquille proche du village. Sac à dos, chaussures de marche, quelques courses à la supérette du village: nous voilà prêts.

Nous nous avançons d’abord en voiture, sur une route qui se transforme en chemin caillouteux : la Classe A surbaissée n’est pas à son aise, un GLC aurait mieux convenu (private-rolling-joke). Nous garons la voiture devant quelques vaches étonnées puis nous continuons ce chemin, en croisants quelques moutons, chèvres et boucs, calmes heureusement. Un panneau nous indique de quitter ce grand chemin pour suivre un sentier. Pas de problème au début : le sentier est tranquille dans la forêt. Un pont de bois enjambe le torrent ... et là les choses sérieuses commencent. Le sentier, la trace devrais-je dire, monte quasiment droit face à la pente, le long d’une cascade que l’on devine au bruit en contrebas. C’est très étroit, on doit en permanence passer des « marches » de 50 cm ou plus, et l’on devine le vide a travers la végétation, ce que mon vertige n’apprécie pas du tout ! Avec une bonne dose de persévérance et l’espoir d’un beau panorama, nous allons quand même jusqu’au bout, soit plus de 500 m de dénivelé en une heure et quart. Il est vrai que le panorama vaut vraiment le coût et les nuages ont laissé place à un chaud soleil. Nous restons là un bon moment, devant maison de pierre en ruine. Un peu plus haut, je trouve un champ de myrtilliers et je mange ainsi quelques poignées de fabuleuses myrtilles.

La descente sera un peu plus rapide, une heure. Mais il faut des cuisses et des genoux en béton pour contrôler la descente. Le repos du guerrier se fera en me trempant les pieds et les mollets dans le torrent, près du pont de bois au départ du chemin. Le bonheur, c’est ça aussi !

Petite pause dans un café du village avec un bon cheesecake bien crémeux puis retour à l’hôtel. Une bonne douche, une super sieste et une bonne séance de lecture sur la terrasse face au Sonjefjord. A 19h, rassemblement dans le salon pour quelques explications aux nouveaux arrivants, puis déjeuner, toujours aussi raffiné dans la jolie salle de l’hôtel. Pour l’entrée, la soupe de petits pois avec sa mousse de carotte était top !

Et pour faire bonne mesure, promenade digestive sur la route qui borde le fjord. Quelques jolies maisons typiques, l’école du village avec sa piscine intérieure (270 habitants !) et l’eau du fjord bleu-vert opalescent !

Et alors que je regardais un peu plus loin, Pierre a aperçu un dauphin (il viennent effectivement régulièrement dans le fjord): je suis très jaloux et lui demande si par hasard ce n’était pas un dauphin rose, variante norvégienne de l’éléphant rose ! Mais non. En revenant, il aperçoit aussi de loin un gros chat blanc qui traverse vers la forêt ... mais qui ressemble plus à un renard blanc. Ça fait beaucoup d’animaux tout çà.

Je termine ces lignes à la clarté diffuse du soleil de minuit: j’adore cette ambiance irréelle.

Demain, nous tenterons quand même la rando vers les glaciers.

NORWAY jour 8 : un café fantastique

La nuit a été réparatrice, le petit déjeuner complet et les nuages sont élevés. Si cela se passe comme les autres jours, ils devraient se dissiper dans la journée.

Pierre a très envie de faire la randonnée vers le pied du glacier, malgré la crainte de la difficulté du chemin et du dénivelé. Nous nous avançons en voiture au fond d’une vallée peuplée de quelques fermes et trouvons le parking qui est au départ de la randonnée. Surprenant au milieu de rien, il faut mettre 50 couronnes norvégiennes ou six euros dans de petites pochettes prévues à cet effet et noter les information de date et d’immatriculation sur un petit papier. Ce que nous faisons avec nos quelques euros en stock, l’expérience de Bergen nous ayant rendu prudents.

Cette formalité réglée, nous entamons la montée. Au début, chemin large et plutôt tranquille. Mais sans surprise, il faut bien monter 1000 m et ça se corse rapidement. De plus, autant Pierre est en forme, autant aujourd’hui j’ai du mal avec la montée. Mais la promesse d’une vue spectaculaire nous fait persévérer malgré les jambes qui ont du mal à passer les marches, la transpiration salée qui dégouline jusque dans les yeux et des passages un peu difficiles. Hier, nous avions sué sang et eau pour un dénivelé de 500 m en 1h15, aujourd’hui nous montons le double et les lois de la physique s’appliquent de la même façon, même si le sentier est un peu mieux entretenu. C’est au bout de 2h15 que nous arrivons presque soudainement au refuge, but de notre randonnée.

Et oui vraiment, nous sommes récompensés par une vue à couper le souffle d’un côté sur le fjord et surtout, de l’autre côté, sur le glacier qui nous apparaît si proche maintenant. Nous restons un long moment à admirer ce paysage unique, quand un groupe de jeunes nous propose un café. Comment refuser un café, préparé sur le réchaud du refuge, avec de l’eau du glacier, si spontanément proposé ! Pendant que le café se prépare, nous prenons des photos avec l’un des drapeaux norvégien du refuge: un beau souvenir. Et c’est face au panorama du fjord que nous siroterons ce café fantastique et inattendu. Échange de biscuits avec ce sympathique groupe qui vient de République tchèque.

Nous poussons un peu plus loin le chemin pour nous approcher encore plus du glacier. C’est un peu abrupte et nous traversons un torrent glaciaire sur des pierres, mais ce que nous découvrons est tellement extraordinaire. Juste devant nous, ce bras de glacier (c’est juste l’extrémité, il fait 80km de long) se crevasse de toute part, révélant toutes les couleurs bleues de la glace, et se déverse, apparemment immobile, vers la vallée (ndr 2 m par jour quand même). Nous n’avions jamais vu cela d’aussi près et Pierre est littéralement ébahi par le spectacle.

La redescente est longue, très longue, et les derniers 500 m de dénivelé nous semblent finalement les plus durs. Nous n’avons plus d’eau (les deux litres sont facilement partis ...). Nous arrivons poussiéreux, transpirants et épuisés à la voiture, mais tellement heureux d’avoir fait cette randonnée.

Retour douloureux à l’hôtel quand il faut monter les escaliers jusqu’à la chambre ! Une bonne douche pour nous rafraîchir et rincer toute cette transpiration, suivie d’une merveilleuse sieste, juste perturbée à la fin par l’avalanche de notifications relatives à la finales France-Croatie. Nous nous levons à la fin du match. Bravo la France ... mais ici, la Coupe du Monde ne provoque pas le moindre émoi ! L’hôtel est parfaitement calme !

Encore un excellent dîner, même si, avec nos efforts de la journée, nous aurions souhaité cette fois avoir un peu plus dans l’assiette.

Dernière fin de soirée à Fjærland, dans ce petit coin de paradis que l’on dirait protégé du monde extérieur.

Demain, nous rejoignons Geiranger, le fjord le plus connu de Norvège.

NORWAY jour 9 : deux hommes sur un bateau

Nous quittons Fjærland à regret, direction Geiranger, le Mont St Michel du fjord !

Première petite étape, avant de changer de vallée, au pied d’un glacier. L’endroit est très, trop, touristique puisqu’il n’y a pas besoin de faire deux heures de marche pour avoir une vue spectaculaire sur un glacier. Clic-Clac photo et nous repartons.

Le début de la route est une succession de grands lacs, de passage de tunnels ou de cols, et nous faisons tout le tour d’un grand fjord, le Innviksfjorden, pour changer de rive et entamer la véritable montée vers le haut de Geiranger. A l’issue d’un très long tunnel, nous débouchons sur une magnifique vallée sauvage, très large, avec une lande traversée par un torrent, un lac d’altitude et dominée par de hautes montagnes sans végétation. Un de mes endroits préférés de Norvège.

Juste après, moyennant péage, nous empruntons une magnifique route en lacet qui nous emmène vers Dalsnibba: un point de vue imprenable à 1500m d’altitude qui surplombe le Geirangerfjord d’un côté et qui permet d’embrasser un paysage de montagne, de lacs et de glacier tout autour. Malheureusement, l’endroit est envahi de touristes, amenés par bus entiers depuis le paquebot MSC qui mouille dans le fjord.

Nous profitons quand même du paysage unique et nous redescendons cette fois jusqu’à Geiranger. Malheureusement, la combinaison d’un énorme camping-car suédois qui descend et de nombreux bus qui montent rend la route en lacet très compliquée et on se retrouve régulièrement à l’arrêt. Vraiment trop de monde !

Nous arrivons néanmoins à l’Hotel Union qui surplombe Geiranger. Hôtel de grande classe, chambre plus grande qu’un studio parisien avec un surprenant lit sur une estrade entourée de rideaux ... Une belle voiture ancienne trône dans le hall, et l’hôtel à huit autres voitures de collection dans son « musée ».

Nous descendons ensuite jusqu’au bord du fjord par un très long escalier de fer qui longe un furieux torrent. Le centre de Geiranger est petit, et envahi de touristes : il y a un très grand camping remplis de camping-car et surtout, le paquebot a déversé ses milliers de passagers, qui heureusement commencent à rembarquer. A ce propos, la présence d’un tel monstre, tout au fond d’un fjord et pour un si petit village pose des questions: pollution visuelle d’un immeuble de quinze étage posé là, et surtout pollution atmosphérique de ces moteurs qui brûlent la plus mauvaise qualité de pétrole et crachent leur fumée même au mouillage. Et d’ailleurs, un nuage de fumée flotte sur Geiranger.

Pour nous éloigner de cette foule, nous marchons deux kilomètres (on ne se refait pas ...) jusqu’à un hameau où je sais que nous pourrons louer une barque à moteur, pour profiter d’une belle météo en cette fin d’après-midi. Et nous voilà , Pierre et moi en train de naviguer vers la sortie du fjord. Il est extrêmement impressionnant d’être seuls sur un petits bateau, sur des eaux noires que l’on sait très profondes, bordées de montagnes qui plongent très abruptement dans la mer de chaque côté. Et passé le premier coude du fjord, il n’y a plus une seule habitation visible. Nous passons au pied des Sept Sœurs, une série de sept chutes d’eau qui se jettent de la falaise dans le fjord. A l’approche de l’embouchure du Geirangerfjord qui donne dans un autre fjord, l’eau jusque là très calme devient nettement plus agitée et Pierre assis à l’avant commence à se prendre des embruns. C’est aussi la limite fixée par le loueur et nous faisons demi-tour. Au détour d’un coude du fjord, le paquebot MSC qui a appareillé entre temps nous apparaît. C’est impressionnant et il faut anticiper les trajectoires ! Je passe bien à droite en longeant la falaise. Paradoxalement, par rapport aux hautes falaises derrière lui, le paquebot apparaît presque modeste. Par contre, les remous vont bien secouer notre barque ! Pierre tombe même à la renverse dans la barque ... Oups. Retour à l’embarcadère après une heure et demi de navigation sur le fjord. Trop beau !

Dîner simple dans un petit restaurant au bord de l’eau. Une famille de français y dîne aussi, l’un des ados porte le T-Shirt de Griezmann !

Demain, on se trouve une petite randonnée dans le secteur !

NORWAY Jour 10 : sous l’eau deux fois

Lever tranquille ce matin et riche petit-déjeuner (vraiment trop de choix et en trop grande quantité ...) avec vue sur le Geirangerfjord.

Nous partons pour une excursion classique ici, les Storseterflossen (des chutes d’eau). Nous prenons un rythme trop rapide au départ pour doubler les autres, nombreux, touristes ... et nous arrivons évidemment en nage au milieu de la rando. Nous poursuivons plus tranquillement, avec une montée en grande partie sur de larges pierres en escalier. Les chutes sont effectivement impressionnantes mais surtout, la particularité, c’est la possibilité d’aller sous la chute par un étroit et bas passage à flanc de falaise, heureusement bien sécurisé. Photos et films obligatoires sous le flot assourdissant de la cascade. Le chemin se poursuit, infiniment moins fréquenté, vers le fond d’une large et magnifique vallée glaciaire, avec un large torrent qui coule au milieu, des champs de myrtilliers de part et d’autre du chemin (hop, encore quelques myrtilles sauvages ... hummm) et des sommets basaltiques qui nous dominent. Pour l’instant le temps se maintient, il fait même un peu lourd. Au bout du chemin, quelques jolies cabanes de bois, grises, se fondent dans le paysage minéral de ce fond de vallée.

Retour sans difficulté et pause en terrasse d’une ferme-restaurant pour boire, et manger une gaufre aux framboises ... qui n’arrive pas. Et l’orage, lui, est arrivé très vite et très fort. Il n’y a pas de place à l’intérieur (et le personnel n’est pas très aimable): nous payons nos boissons et laissons là nos gaufres potentielles. Nous enfilons rapidement nos Kway et imper (orange pour moi évidemment ...) et redescendons presque au pas de course jusqu’à l’hôtel, trempés mais contents quand même d’avoir fait cette belle balade, même si, du coup, nous n’avons pas pu faire celle qui mène à un spectaculaire promontoire sur le fjord.

Grosse séance de paresse dans notre immense chambre, lecture, sieste ... puis détente de nos jambes de randonneurs dans les piscines intérieures et extérieure (!) de l’hôtel.

Et enfin, dîner dans le même restaurant que la veille dans le centre de Geiranger, complété d’un bâtonnet glacé acheté dans la supérette et dégusté en contemplant le fjord redevenu tranquille après le départ de ces paquebots de croisière fumants.

Demain, nous atteindrons le point haut de notre voyage, Storholmen, en passant par le célèbre Trollstigen.

NORWAY jour 11 : l’échelle du Troll

C’est sous la pluie que nous quittons Geiranger. Pour la route Pierre achète quelques délicieuses pâtisseries à la cardamome dans une boulangerie bio. Pendant ce temps, deux nouveaux paquebots arrivent, il est temps pour nous de partir.

La montée en lacet au dessus de Geiranger offre un point de vue exceptionnel sur tout le fjord, puis la route se poursuit plus tranquillement dans une vallée et redescend rapidement vers un premier ferry. J’adore quand le GPS de la voiture dit « board the boat » et qu’il indique ensuite que la voiture est au milieu ... de l’eau. Traversée sous la pluie, donc, mais quand même l’occasion de voir les fjords depuis la mer.

Nous approchons de Trollstigen (« l’échelle du troll ») par une somptueuse vallée couverte de landes et de lacs. Nous nous arrêtons avant le « Tourist Center » pour éviter la foule, au départ d’une randonnée. Nous chaussons nos chaussures de marche, il ne pleut plus, et nous nous avançons vers une large vallée glaciaire, sur un beau chemin, et nous nous retrouvons seuls dans un paysages (encore une fois) grandiose, alors que le soleil et le ciel bleu font une apparition providentielle. Nous marchons plus d’une heure comme cela, jusqu’à un grand rocher qui permet d’embrasser ce magnifique paysage. Pas une âme qui vive à la ronde. Ah si, trois beaux moutons viennent nous saluer. L’un d’eux essaie même de goûter le sac à dos de Pierre. Il y a aussi une sorte de boîte aux lettres qui contient un livre d’or où les randonneurs peuvent y noter leur passage. Pierre y note la date et notre provenance.

Nous retournons sur nos pas et rejoignons le site de Trollstigen par une autre petite randonnée qui va de kairn en kairn sur de grands rochers plats. Le site est spectaculaire avec son promontoire qui domine une vertigineuse cascade et une des plus célèbre route en lacets du monde ... pour l’instant peuplée de camping-cars. Nous ne restons pas très longtemps, trop de monde. Après un café et quelques photos en compagnie d’un troll rigolard, nous remontons à la voiture avant que la pluie ne s’abatte à nouveau sur nous.

La descente en lacet de Trollstigen se fera tranquillement ... derrière un camping 

-car (en septembre 2016, avec Matthieu, nous étions seuls sur la route et nous avions littéralement fait fumer les freins de notre Série 1 ... c’était plus intense !)

Après deux heures de route, une nouvelle traversée en ferry et des trombes d’eau, nous arrivons au bout du monde, un endroit complètement isolé, en bord de mer, Storholmen, commune de Farstad. Pierre parle de Norvège suédoise car ici, la mer n’est pas entre les montagnes comme dans les fjords, mais plutôt dans un paysages d’îlots de rochers plats comme on trouve souvent dans les petits villages côtiers suédois.

L’endroit est véritablement très isolé, constitué d’un hôtel où nous logeons, d’une dizaine de bungalows et d’un unique restaurant (« no food alter 8:30 » !)

Toutes ces habitations sont en bois rouge et couvertes d’une épaisse toiture végétalisée. C’est charmant et très typique.

Dîner très rapidement servi, choisi dans une carte très réduite. Le dîner est néanmoins bon et copieux: soupe de poisson crémeuse, morue-pomme-de-terre et pana-cota.

Un beau soleil couchant sur ce bout du monde termine cette journées de route et de randonnée.

Le bruit d’une barque de pêche qui sort du petit port dans la lumière particulière du soleil de minuit, les mouettes qui hurlent encore ...

Demain, promenade dans les environs.

NORWAY jour 12 : Norvegian Ocean

Nous sommes au bout du monde et il n’y a pas beaucoup d’activités possibles ici à Storholmen. La journée devrait donc être calme et reposante. Après une brève tentative de randonnée ratée (un vague sentier et une clôture nous font renoncer), nous louons deux VTT auprès du patron neurasthénique de l’hôtel.

Nous partons pour une balade tranquille le long de la côte. Nous roulons sur une route de campagne et nous suivons les indications touristiques qui nous permettent de découvrir ainsi de merveilleux endroits au bord de l’eau. Un tout petit port désert, Askevågen, qui vivait de l’exploitation des algues, le kelp. Fagervika, un point de vue exceptionnel sur les îlots dispersés sur une mer d’huile qui reflète le ciel bleu et le soleil (encore une éclaircie providentielle). Et enfin, nous arrivons à Bud, une petite ville qui vit entre autre du séchage et du fumage de poisson. Bud est aussi marquée par des vestiges laissés par les allemands pendant la guerre: casemates, affût de canon, fort ...

Nous prenons un rafraîchissement face à la mer, et maintenant que nous nous sommes aussi abreuvés de beaux paysages, il nous faut retourner, d’autant que le ciel commence à se faire menaçant. Et c’est reparti pour une vingtaine de kilomètres, à une allure moins touristique.

Et c’est ainsi que notre balade tranquille s’est transformée en une bonne virée de 45 km ... Bien fatigués par les derniers kilomètres, nous nous effondrons sur nos lits pour une grosse sieste !

Vers 17h, nous prenons la route pour Kristiansund. Le but et de parcourir la « route de l’Atlantique » avec son célèbre pont tout en hauteur et en courbes. Le pont est effectivement spectaculaire, mais surtout ces quelques kilomètres de route qui passe d’îles en îles par dessus des bras de mer permettent d’admirer un très beau paysage maritimes, surtout sous le soleil.

Nous poursuivons vers Kristiansund pour y dîner, via un spectaculaire tunnel de 6 km qui s’enfonce sous la mer (jusqu’à 10% de pente ... et 13€ de péage ...) avant de remonter et de déboucher sur la ville. Kristiansund est bâtie sur plusieurs îles et nous avons un peu de difficulté à trouver le « vrai » port et ses restaurants. Néanmoins, nous trouvons une bonne brasserie avec vue sur le trafic du port. Un bon hamburger et une bonne glace feront notre bonheur.

Rapide promenade sur le port: on sent bien ici qu’il s’agit d’activité industrielle avec des navires très spécialisés, dont une barge munie d’un gros « aspirateur », a priori pour les fermes d’élevage de saumons ... Nous verrons aussi en repartant une gigantesque plate-forme utilisée en support des activités pétrolières offshore.

Nous prenons la route en sens inverse et de nouveau le tunnel sous la mer puis la route de l’Atlantique. Nous faisons quelques arrêts photo car la lumière chaude du soleil couchant sublime le paysage. Pierre se tord un peu la cheville en redescendant d’un petit promontoire d’où je voulais profiter une dernière fois de cette ambiance unique. Ça va passer ...

Retour à l’hôtel. Je fais un dernier tour sur l’îlot à côté de l’hôtel pour admirer une dernière fois le tour d’horizon au soleil couchant.

Demain, nous amorçons notre redescente vers Oslo, avec étape à Lillehamer.

NORWAY jour 13 : Le tremplin

Il est malheureusement temps de quitter Storholmen et son ambiance de bord de mer, et de commencer notre descente vers Oslo.

Nous revenons d’abord sur nos pas, par Molde et son grand tunnel sous la mer, puis le ferry. Je me trompe de file pour l’embarquement qui commençait déjà quand nous arrivons et un Norvégien sort de sa voiture pour me le faire savoir ... Norvégien que je retrouve ensuite sur le ferry: je vais le voir, je m’excuse et on se serre la main avec le sourire. Ouf, je ne voudrais pas laisser une mauvaise impression des étrangers ! Et sinon, la traversée est superbe sous un beau soleil.

Puis nous prenons la route qui va nous descendre jusqu’à notre étape du jour, Lillehammer. Une longue, longue route, 250 km, dans une vallée qui semble ne jamais finir, d’abord étroite puis de plus en plus large, le tout avec une vitesse qui oscille entre 50 et 80 km/h ... sauf à la fin où une quatre voies améliorée autorise ... 90 km/h, moyennant le passage de quelques portiques de péage automatique. Certes, tout cela laisse le temps d’admirer le paysage, mais à la fin, on finit par s’ennuyer quand même.

En fait, notre hôtel est situé à une vingtaine de kilomètres avant Lillehammer, dans une station de ski, Hafjelltoppen, situé sur un plateau à 1000 m d’altitude. Ah, il y a un petit péage de 3€ pour les derniers kilomètres de la route ! Mais l’endroit est vraiment superbe, les villas et résidences en bois sombre discrètement dispersées dans la nature. L’hôtel est tout en haut, entouré d’une superbe lande, avec de petits lacs proches et des chemins de randonnée qui traversent ce paysage.

L’hôtel est à la fois très moderne et très bien intégré dans le paysage, et la chambre possède une belle décoration scandinave. Nous posons nos bagages pour aller visiter Lillehammer.

L’attraction, ce sont forcément les installations des jeux Olympiques d’hiver 1994, et en particulier les deux tremplins de saut à ski, qui dominent la ville et qui se terminent dans l’enceinte circulaire où se sont déroulées les cérémonies d’ouverture et de fermeture des Jeux. Et évidemment, on se doit de monter les 986 marches qui bordent les tremplins. C’est épuisant, il fait chaud, et pour moi, en plus, c’est vertigineux: je me tiens bien à la rampe et surtout je ne regarde ni vers le haut ni en arrière ! Évidemment, en haut, le coup d’œil sur la pente du tremplin donne une idée du courage nécessaire pour se lancer quasiment dans le vide, ski aux pieds ! Des « fadas » ces sauteurs à ski !

Visite rapide de Lillehammer et de son unique rue piétonne. Plus de place chez Egon pour notre dernier dîner norvégien. On s’installe en terrasse chez Nikker, pour un bon hamburger et une bonne glace réglisse pour moi. Ambiance tranquille et douceur de fin d’après-midi (on mange tôt en Norvège).

Retour au sommet, à notre hôtel. La lumière du soleil couchant est magnifique et je ne peux m’empêcher de faire une dernière ballade, par un joli chemin dans la lande qui me mène jusqu’à un petit lac tranquille.

Tellement tranquille qu’après quelques minutes d’observation, je réalise un truc fantastique: le silence absolu. C’est étonnant, mais je n’ai plus de souvenir d’un silence aussi total, d’absence de bruit. Tout au plus si un oiseau passe, j’entends le bruit des ailes. Je reste ainsi une bonne quinzaine de minutes sans bouger à profiter de ce silence exceptionnel et de la lumière du soir.

Demain, il va falloir s’agiter un peu plus pour être à l’aéroport d’Oslo pour notre vol de 12h30 ...

NORWAY jour 14 : le retour

Peu de chose à dire pour le retour, tout s’est parfaitement enchaîné avec peu de temps morts. Huit heures pile entre le départ de l’hôtel à Lillehammer et l’arrivée à l’appartement à Nanterre.

Mais pour dire les choses de façon très soft, le choc des cultures est violent quand on arrive de Norvège et qu’on débarque dans la cour des miracles du RER B (et Châtelet-Les Halles, et la gare de La Défense ...)

Un verre de blanc bien frais au soleil sur la terrasse ne sera pas de trop pour amortir le retour après ce voyage réellement magique.

Merci beaucoup de nous avoir suivi et accompagné de vos commentaires pendant ces deux semaines

THE END